Pourquoi peins-tu à l’acrylique ???
Cette question m’est posée à chaque exposition.
Alors voilà l’histoire :
Quand j’étais enfant, mes parents ne voulaient pas m’acheter de peinture à l’huile. Ils avaient peur, avec raison, des dégâts que je n’aurais pas manqué d’occasionner. .. Je mélangeais donc ma gouache avec de l’huile de lin (volée dans l’atelier de mon père). La peinture avait bien du mal à sécher.. . Mais le résultat me satisfaisait…
Plus tard, j’ai peint à l’huile avec toutes ses contraintes : respect du fameux gras sur sec, du temps de séchage. Puis , une fois l’œuvre achevée encore l’attente de plusieurs mois, avant de pouvoir vernir… La sanction, (si non respect des règles) est immédiate avec d’horribles craquelures … Ma spontanéité en était affectée : comment rester dans le même état d’esprit durant plusieurs semaines… Puis, il y avait les émanations : la peinture et l’essence, agréables au premier abord, me faisaient éternuer et pleurer. Je ressemblais de plus en plus à un lapin albinos…
Je suis donc venue à l’acrylique par nécessité … mes yeux me faisaient de plus en plus mal… Les journées passées à l’atelier devenaient un supplice. J’avais envie de plus de spontanéité, de changement !
Pour ces deux raisons, j’ai essayé l’acrylique avec la ferme intention de l’adopter . De plus, l’argument de peindre avec un matériaux de mon époque me semblait logique … Sa liberté me correspond ! Les textures sont agréables à travailler, les couleurs riches en pigments et inodores . Pas ‘’chichiteuse ‘’ l’acrylique s’adapte à tous les supports. Polyvalente : elle colle, se juxtapose, sèche vite. Elastique , elle ne ‘’craque’’ jamais … Soluble dans l’eau, elle est transparente ; en épaisseur elle est opaque. Le rêve quoi !!!
Pour toutes ces raisons, je peins à l’acrylique. fabienne